mercredi 17 mars 2010

L'hiver est terminé.

Ce matin, je suis dans mon jardin. Je désherbe, je taille, je nettoie. C'est le premier jour de cette année.
Et ptit bonheur du printemps bientôt là, les grues sont passées. Elles remontent vers le Nord. Toujours aussi élégantes, aussi majestueuses et aussi bruyantes. Leur cou tendu vers l'avant. Leurs longues ailes planantes ou à peine battantes. Magnifiques volatiles ...L'hiver est terminé. Nous n'aurons plus de grands froids. C'est une vraiment bonne nouvelle.
J'ai une pensée pour Coumarine vers qui ces grues volent. Peut-être passeront-elles au-dessus de sa maison de Belgique.
J'ai une pensée pour Francine qui n'a sans doute pas vu les grues passer depuis son appartement de Nancy. Je lui ai envoyé quelques pensées de mon jardin et de la verdure qui repousse!

mardi 16 mars 2010

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Depuis quelques temps, je voyage à travers des blogs. Le premier voyage m'a fait arriver dans un monde magnifique, de lettres, de mots, de confidences, de questionnements et surtout de rencontres.
Ce blog m'a ouvert les routes vers d'autres blogs que j'aime à découvrir, à lire. Quasiment quotidiennement, je vais à la recherche de nouveaux articles, de nouveaux commentaires, de nouvelles tout simplement. C'est intéressant. J'aime vraiment cette démarche.
Certains blogs, j'y vais une fois ou deux puis je n'y vais plus parce que je n'accroche pas. D'autres j'y vais quelquefois. Et pour trois d'entre eux, j'y vais chaque jour. Parfois même plusieurs fois par jour quand j'en ai le temps. Je lis les messages, les commentaires, les réponses, et je réagis ou pas.
J'ai l'impression de connaître une partie de la vie de ces personnes que je ne connaîtrai sans doute jamais en vrai, en réel, en chair et en os. Et ça honnêtement ça me dérange un peu, beaucoup même parfois. Pourquoi? Parce que pour 3 d'entre eux, je me sens vraiment très proches de leurs écrits, de leurs réactions, de leurs idées, de leurs mots et j'aimerais tant être assise à côté d'eux, buvant un thé (je n'aime pas le café!) et papotant. Oui j'aimerais avoir un rendez-vous en terrasse avec ces personnes. Nous aurions sans doute des discussions passionnantes. Ou faire une longue balade avec eux. Quel plaisir ce serait. Partager un instant, un vrai.
J'aime lire et pour eux, je suis juste Chris car mon blog à moi, je ne l'ai pas ouvert. Je ne me dévoile pas. C'est un peu froid de ma part parce qu'eux, ils s'ouvrent, ils partagent. Moi je ne fais que des commentaires sur leurs écrits.
Leurs blogs sont quasi quotidiens. Parfois même, je trouve qu'ils ressemblent à une page de journal.
J'aime poster un commentaire et ce que j'aime surtout c'est quand ils répondent à mon commentaire. Oui, parce que sur ces blogs, les auteurs prennent la peine, la plupart du temps, de répondre individuellement à chaque commentaire. Parfois juste un mot, juste une phrase mais aussi parfois un long commentaire. Il y a donc un réel échange. J'ai l'impression de leur parler. Et c'est important pour moi ce système d'échange. Avec tous les visiteurs,il y a comme une discussion qui s'installe. Et comme on se retrouve tous à chaque message, eh bien on commence un peu à se connaître. C'est passionnant.
Et puis aujourd'hui l'un des auteurs de ces blogs me demande d'ouvrir mon blog. Je ne sais pas quoi lui répondre. Mon blog ne ressemble en rien aux leurs. Mon blog est une suite de vécus. Et mon blog, je ne l'entretiens que vraiment occasionnellement. Même si j'ai envie d'y mettre plein de textes, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Je ne m'autorise pas encore à écrire tout ce que je veux y écrire.
Et puis eux savent faire plein de trucs avec les textes : insérer des liens, des images, des vidéos...Moi je ne sais même pas souligner un mot !!!!!
Le langage HTML, c'est du chinois pour moi. Et je ne connais pas le chinois!!!!
Je vais me renseigner s'il n'existe pas un "le blog pour les nuls". ça m'aiderait sans doute.

Mon blog, je le veux plus riche, plus beau. Alors là je l'ouvrirai. Pas encore maintenant. Pas encore...

mardi 2 mars 2010

Famille

A midi, je discutais avec une amie du mot "famille". Avoir une famille, être famille. Dans sa famille, ils ne sont pas très famille. Et pourtant elle a une famille. Moi je lui répondis que chez moi, c'est presque pareil. Ma famille n'est pas famille mais j'ai l'impression que je n'ai pas de famille.
C'est quoi en fait la famille?
Alors ce soir j'ai décidé de chercher en moi, ce que pour moi est une famille.
Une famille, c'est des racines. Une famille, ça permet de se construire. Une famille c'est une histoire à raconter et c'est aussi une Histoire avec un grand H. Une famille c'est le passé, c'est ce qu'il y a à la base.
Une famille c'est une Histoire. Un jour il y a une arrière grand mère qui a vécu des tas de choses. Je ne remonterai pas plus loin que l'arrière grand mère parce que plus loin ce n'est plus ma famille, c'est de l'Histoire comme on apprend à l'école. Mon arrière grand mère paternelle s'appelait "ptite mémée" et son mari "ptit pépé". Je ne les ai jamais connus, je suis née après leur mort. Mon frère les a connus, du moins la ptite mémée car il peut en parler.
Mes arrières grands parents maternels, inconnus pour moi, je crois même que je n'en ai jamais entendus parler.
Donc ma ptite mémée et mon ptit pépé, mis à part leur surnom, je ne connais absolument rien d'eux et je ne saurai jamais rien. Personne ne me racontera leur vie.
Je trouve leurs surnoms bien jolis et cela sonne très doux à mes oreilles. C'est tout ce que je sais d'eux : une musique bien agréable à la prononciation de leur surnom.
Mes grands parents paternels étaient LA mémée et LE pépé. Quand on parlait d'eux, c'était toujours avec les articles LE et LA. Le pépé est mort quand j'étais encore toute petite et je n'en ai aucun souvenir. La mémée par contre a vécu et ma mémée a les mains les plus douces de la Terre. Quand j'allais chez elle, je me plaçais sur le fauteuil à côté d'elle et elle me prenait les pieds et me les caressaient avec ses mains usées par le temps. Quel plaisir. Quand j'écris ceci, je ressens encore ses caresses. Ses mains n'étaient pas chaudes mais juste un peu froides. Juste bien. Ma mémée, elle m'offrait parfois une pièce de 5 francs et je les gardais dans ma tirelire en forme d'écureuil. C'était même des pièces de 5 francs en argent pour certaines. Je les ai retrouvées un jour. Ma mémée elle habitait dans un village en bas d'une colline et le mini super marché, le RAVI qu'il s'appelait, était en haut de la colline. Alors avec elle, j'allais à la montagne (ma mémée elle disait comme ça quand il fallait monter tout là-haut faire les courses). Elle prenait une vieille poussette de bébé dans laquelle elle mettait son cabas (c'est comme ça qu'elle l'appelait son gros sac noir en cuir et il y avait un de ces fourbis dedans! Le fourbis c'est un mot de ma mémée et ça veut dire bazar). Nous partions toutes les deux et je poussais la poussette. Nous marchions longtemps et nous montions à la montagne. Qu'est-ce que ça grimpait! Arrivées en haut, on allait faire les courses au RAVI. A la caisse, la caissière donnait des timbres de fidélités qu'il fallait coller sur des collecteurs roses et la fois suivante on pouvait payer une partie des courses avec ces collecteurs. Il y avait des collecteurs de 10 francs et des collecteurs de 1 francs. Je me souviens du goût que les timbres laissaient dans la bouche quand il fallait les humecter pour les coller. Ma mémée gardait précieusement ces timbres dans son cabas. Puis on passait à la boulangerie du RAVI et elle m'achetait un petit pain au chocolat pour me récompenser de ma montée à la montagne. Encore aujourd'hui mon pêché mignon est le petit pain au chocolat ! Ma mémée mettait toutes ses courses dans la poussette et nous redescendions.
Au pied de la colline, nous passions chez la fruitière pour acheter de la crème fraîche et du comté (oui je suis franc comtoise et un frigo sans comté ça n'existe pas chez nous!)
Ensuite nous repartions pour la maison de ma mémée, et je poussais la poussette. Ma mémée me disait toujours de bien rouler sur les trottoirs et de faire attention aux voitures qui pourtant n'étaient pas trop nombreuses dans son village.
Quand je dormais chez ma mémée, elle me lavait dans son grand évier à un seul bac, carré. Elle faisait chauffer de l'eau sur son poêle à charbon en hiver ou sur sa gazinière en été et elle versait cette eau dans l'évier. Moi je grimpais dans l'évier et ma mémée me lavait avec un gant de toilette qu'elle tricotait. Ah ça, ils n'étaient pas doux ses gants. ils étaient très rêches. C'était tricoté dans du coton fin pas doux du tout. Et ma mémée, elle frottait fort : les oreilles, les genoux, les coudes, les fesses, le cou....Puis elle me rinçait avec de l'eau et ses mains toutes douces. ça c'était très agréable.
Elle n'avait pas l'eau chaude au robinet tout comme elle n'avait pas le chauffage central. A la cuisine elle avait un poële à charbon et j'allais chercher un broc de galets de charbon à la cave. Et au salon, elle avait un poële à mazout. Beurk, ça puait.
Au salon, elle avait trois horloges. Il y avait un coucou. Quand je venais dormir, elle l'arrêtait la nuit sinon il faisait coucou toutes les heures avec le petit oiseau qui sortait.
Elle avait une très belle horloge comtoise qui ne marchait pas toujours parce qu'il fallait la remonter. Même il y avait deux clés. Une pour la sonnerie et une pour le l'heure. Elle sonnait très grave. Et j'aimais le bruit du balancier.
Il y avait une horloge murale, à balancier. Le balancier avait un bruit très grave, très profond. J'adore encore aujourd'hui entendre ce bruit.

Voilà pour ce soir. J'étais partie à définir le mot famille et j'arrive à écrire sur ma mémée.

Je voulais juste placer ma réflexion que j'ai eue sous la douche tout à l'heure.
Je rêve d'avoir une famille mais une famille ça ne se construit pas puisque c'est des racines. Sans racine, je m'écroule.
Et puis ce soir, sous la douche, je me suis posée cette question : "Est-ce qu'on est dans le vrai quand on a une famille et qu'on est famille? Ou est-ce qu'on est dans le vrai quand on est indépendant, qu'on n'a pas de famille et qu'on n'est donc pas famille?" Chez les animaux, il n'y pas de famille. Les animaux grandissent et font des clans chez certaines espèces. Mais le lien familial n'existe pas. Et l'homme est un animal à la base, non?