mercredi 21 avril 2010

Réveil

Quand te réveilleras-tu?
Sonne le printemps depuis quelques jours.
Quand te réveilleras-tu?
Sonnent les capacités depuis quelques temps.
Quand te réveilleras-tu?
Sonne César depuis quelques années.
Quand te réveilleras-tu?
Sonnent les oreilles inutiles.

Le printemps, comme chaque année, pousse de toutes ses forces pour pousser cette nature hors de la terre, hors de la bouillasse, hors du gel, hors de l'endormissement. Cette montée de sève est telle la lave du volcan, prête à exploser, à surgir, à envahir la vie sur Terre.

Cette poussée extraordinaire qui permet la magie de l'éclosion des feuilles, de la coloration des fleurs, de la naissance de tas d'organismes. Cette poussée vivifiante...

Elle passera. Elle s'éteindra. Elle s'amenuisera au fil des jours. Puis viendra le temps du plat, du posé, du tout doux.

Elle reviendra.

C. attend le bus depuis longtemps déjà et aucun ne porte le bon numéro. Il passe. Il s'éloigne. Il s'éteint.

Il reviendra.

lundi 19 avril 2010

Silence

Hier matin, je suis partie me promener en forêt avec Mon chien. Déjà en partant, je me suis étonnée du grand silence qui régnait dans la nature, avant même d'arriver en forêt. Alors je me suis dit qu'on était dimanche et comme il était 8h30, sans doute le silence normal d'un matin. Pourtant, plus j'avançais, plus ce silence m'impressionnait.
Dans la forêt, même sensation de grand silence. Les oiseaux chantaient à tout va. Les feuilles bruissaient différemment ce matin. Les arbres grandissaient bruyamment aujourd'hui.
Je me suis arrêtée plusieurs fois pour écouter ce silence majestueux. Fantastique sensation de bien être, de communion avec la nature du printemps.

Je me suis alors imaginée plusieurs raisons à ce bien-être:
- Il est tôt
- C'est le printemps, la nature s'épanouit. Je ne vois pas la rapport avec le silence mais je me suis dit que peut-être le réveil de la nature devait-il se passer dans ce silence.
- La période de chasse est terminée et je m'étais habituée aux bruits humains de la forêt!
- C'est la première journée de vrai soleil et de chaleur alors peut-être que je suis un peu plus heureuse que d'habitude de savourer ce moment? Si je suis plus heureuse, je suis plus à l'écoute? - ...

En revenant, toujours ce silence. Vraiment je suis étonnée et intriguée.
Je rencontre quelques promeneurs habituels, rien de spécial de ce côté-là.

Dans l'après-midi, j'ai remarqué ce ciel si limpide aujourd'hui. Pas un nuage. Pas un souffle de vent. Pas une traînée blanche... Et ce silence tellement agréable!

Ce n'est que tard dans la fin de l'après midi, que j'ai compris.
Il n'y a aucun avion! C'est ça. Nous ne sommes pas très loin de l'aéroport de Luxembourg et sur les lignes de celui de Bruxelles. Et aujourd'hui, pas un avion.
Eh bien voilà l'explication à ce merveilleux silence.
Non seulement on est dimanche donc l'activité frontalière est réduite mais en plus, le ciel est calme.

[Suite à une forte éruption du volcan islandais Eyjafjöll mercredi 15 avril 2010, un nuage de cendres stagne au-dessus de l'Europe et la plupart des aéroports sont bloqués depuis plusieurs jours maintenant. Nos ne voyons rien sur Terre car le nuage est à plus de 6000 km d'altitude mais les avions ne peuvent voler sous peine d'endommagement. http://www.france-info.com/monde-europe-2010-04-18-perturbations-aeriennes-en-europe-et-ailleurs-dernieres-previsions-431104-14-15.html]
La nature reprend parfois ses droits. Face à elle, l'homme ne peut rien.
Je trouve ça très grisant que l'homme soit remis ainsi à sa place de petits grains de sable (sans jeu de mot!)
Et je savoure le ciel bleu, si limpide. Merci. Je me suis vraiment délectée de cette journée pas comme les autres. Si seulement ça pouvait durer.
Nous voilà replacer à un temps où le ciel restait une immensité de calme, de bien-être, de rêve, d'absence de limite... Un réel ptit bonheur.

mercredi 7 avril 2010

Dénoncer

Je roulais tranquillement, comme à mon habitude. Je revenais d'avoir déposé ma fille chez son père.
Devant moi, une voiture. Elle roule avec hésitation, accélère freine sans raison, puis accélère puis refreine...Nous arrivons dans un espace deux voies. Je me dis que je vais la doubler parce que c'est agaçant de rouler ainsi derrière cette voiture qui freine sans raison. C'est alors que la voiture se décale sur la voie de gauche sans raison, rien à doubler. Puis se remet sur la droite puis repart sur la gauche. Alors je me dis que le chauffeur doit avoir un problème avec sa voiture ou sans doute être ivre. Je prends mes distances et je ne double pas. Arrive la fin du passage à deux voies, on revient sur une route à une voie, à double sens. Des voitures arrivent derrière moi. Le chauffeur sans doute ivre se met à rouler à 40 km/h voir 30 puis 60 puis 40 et oscille sur sa voie puis part sur la gauche sans toutefois partir sur l'autre voie. Heureusement car il y a du monde en face. Les voitures derrière me suivent . Personne n'ose doubler déjà parce qu'il y a une belle ligne blanche mais en plus c'est trop incertain de savoir comment il va réagir. Même 2 motos nous suivent sans doubler. C'est trop dangereux. On arrive à un rond point. Que va-t-il faire? Il prend la même route que moi donc je le suis. Derrière, certains suivent, certains prennent une autre direction.
En face, des appels de phares. Les gendarmes doivent être par là. Je me dis que je dois peut-être les prévenir pour arrêter ce chauffeur qui n'est vraiment pas en état de conduire. Mais s'ils l'arrêtent, ils lui retireront son permis, c'est sûr. Et s'il en a besoin pour son travail, et si et si et si... J'hésite mais là, c'est trop dangereux. Ce chauffeur est dangereux pour lui et surtout pour les autres. J'imagine un piéton renversé, un enfant...J'imagine qu'il va avoir un accident et peut-être se tuer. Alors je m'arrête auprès des gendarmes qui faisaient un contrôle et je leur signale la voiture. Je continue ma route. Les gendarmes montent rapidement dans leur voiture et nous suivent. Voyant cela , le chauffeur se met à rouler à 30 km/h. Au village suivant, les gendarmes tentent d'arrêter la voiture mais le chauffeur refuse de s'arrêter. Les gendarmes le bloquent à coup de sirène et de tête à queue. En sortant de sa voiture le gendarme est presque renversé par le chauffeur qui ne réussissait pas à manoeuvrer pour se garer.
J'étais rouge comme une tomate. Je suais. Je n'étais pas bien. Je n'étais pas fière de moi. En moi, je me disais que j'avais bien fait mais une autre voix me disait que j'avais dénoncé quelqu'un. Et ça c'est dur pour moi. Je me suis raisonnée en me disant que cet homme était vraiment un danger. J'essayais de me persuader du bienfait de mon action et pour lui et pour les autres.
Bien évidemment j'ai rapproché ce ressenti de culpabilité à dénoncer quelqu'un en faute avec l'attitude de mon père. Jusqu'au retour chez moi, j'ai pensé à tout cela. Ouh la la, quelle réflexion. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver la température normale de mon corps. Tout était en ébullition. En rentrant, je me suis demandée si je devais raconter cette anecdote. Et bien fidèle à mes principes foireux, je n'ai rien dit, à personne. Par souci de ne pas recevoir de reproche sur une action que je considérais maintenant comme juste. Par souci qu'on ne me contredise pas. Par peur aussi que Marc m'accuse de délatrice. Pourtant je l'ai fait par respect de la personne. Pas contre.
Je pense vraiment que j'ai bien fait. Mais tout de même au fond de moi, c'est difficile à accepter. C'est la première fois que je dénonce quelque chose à une force de l'ordre, une dénonciation officielle. Je crois tout de même que je culpabilise. Il faut que je travaille encore sur cette notion, sur ce ressenti.
Il me semble que cette expérience est un bon point de départ sur mon objectif 2010.