Au lever, hier matin, le brouillard, ou plutôt, la brume est là. Le pays est enseveli dans une brume matinale très belle. Je sens le soleil proche au-dessus, ce qui rend la brume encore plus opaque. Le pays est recouvert d'une forte rosée. Les herbes, les meubles du jardin, les dalles...sont mouillés de fraîches perles de rosée.
Nous partons nous balader à la fraîche. Cette expression prend tout son sens ce matin.
Mon chien court devant comme à son habitude. Nous passons devant le cimetière, traversons les champs et arrivons dans le bois, le bois de M. Il se plaît en effet à dire que c'est SON bois tant il apprécie et se plaît ici.
C'est magnifique.
La luminosité matinale est exceptionnelle. Sous les arbres, la brume est un peu là et semble flotter entre deux airs.
Les sols sont couverts d'anémones blanches parsemées au milieu de leur feuillage vert foncé. Quelques coucous jaunes rehaussent ce ton. De jolies violettes naissent sur les talus.
Et surtout les feuilles des arbres naissent à la lumière dans un vert si tendre, vert propre à cette période de printemps que nulle autre saison ne verra. Ce vert si clair, si jaune n'est là que pour quelques jours. Les feuilles sortent à peine de leur bourgeon.
Certaines sont encore recouvertes du fin et doux duvet qui les protégeaient dans le bourgeon. D'autres pointent déjà leurs formes vers la lumière.
C'est alors que l'air de la chanson de mon enfance apparaît : "Orme charme ou tremble, nul arbre ne tremble, au loin le bois semble, un géant qui dort...."Et son air me hante et me fait chanter de ptit bonheur.
Les dernières feuilles mortes de l'automne jonchent encore le sol. Il est plaisant de traîner les pieds dedans.
Les oiseaux sont forts présents par leur chant. M. s'amuse un instant à répondre à l'un d'entre eux. L'échange est lancé. M. sifflote en essayant d'imiter l'oiseau. Celui-ci lui répond. C'est amusant. M. essaye d'espacer les sifflets et l'oiseau semble attendre avant de répondre. M. essaye alors de varier le nombre de sifflets mais rien n'y fait, l'oiseau répond par deux ou trois "pit pit pit". La communication dure quelques minutes et nous passons notre chemin. Nous ne verrons pas notre interlocuteur. Il est bien caché tout là-haut dans les branchages.
Soudain, un bruit d'aile attire notre regard vers la cîme. Une buse pourchasse un corbeau en faisant de grands cercles au-dessus des arbres. Quelle agressivité !
Les arbres sont magnifiques.
Il parait que l'on peut entendre la sève monter dans les arbres au printemps. Je pose mon oreille contre un très gros tronc et tend au maximum de mes possibilités mon ouïe mais je n'entends rien. Mon chien ne me laisse pas non plus dans le silence. Il est sans doute intrigué par ma position et vient lui aussi renifler l'arbre, ce qui ne se fait pas sans bruit!
Ptit bonheur du matin et du printemps, de se balader ainsi avec mon amour. Détente, découverte, bonheur.
Quand une photo inspire
Il y a 16 heures
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