mardi 7 juillet 2009

TGI

Jeudi 28 mai 2009

T G I, ça pourrait faire penser à un train à grande vitesse. ça pourrait faire penser à une entreprise de Très Grande Industrie. Non. T G I , c'est un Très Grand lieu où on attend. On attend, on attend, on attend. Quand j'y suis rentrée, un policier m'a de suite interceptée et fait passer sous un portique à métal. Boooooop. Madame, qu'avez-vous dans les poches? C'est mon portable. Posez le sur cette table et repassez. Je repasse, tout va bien. Présentez moi le contenu de votre sac. J'ouvre mon sac et il regarde. ça ne lui suffit pas, il faut que je soulève les différents objets de mon sac pour qu'il en voit le fond. Il y a un de ces bazars dans mon sac. C'est bon, je ne suis pas armée, je peux passer.

Asseyez vous et attendez.

Il y a au moins 50 personnes dans ce hall d'entrée, ça sent la sueur, les murs sont marrons foncés un peu détériorés. Il fait chaud. Je trouve une chaise libre.

Personne ne se connaît pourtant des conversations se lient de suite. Certains se plaignent. Ma voisine traîne dans cette salle depuis 10 ans. 10 ans!!!! 10 ans de rendez-vous annuels, bien précis, toujours au même endroit, toujours les mêmes demandes...(ça me fait penser à la chanson de Patrick Bruel "on s'est donné rendez-vous dans 10 ans, même lieu, même jour, même heure...)Mais comment font les gens pour s'aimer à ce point et continuer à se donner rendez-vous pendant autant d'années sans jamais concrétiser? Quel besoin vital nourrissent-ils pour à ce point être certains de se retrouver l'an prochain? Intéressante réflexion.
D'autres sont contents parce que c'est là, la fin de leur parcours. C'est aujourd'hui qu'ils gagnent!!! Gagner quoi??? Je ne sais pas. Mais ils gagnent et ils en sont heureux. Toujours cette relation gagnant/perdant si importante pour tant de gens.
D'autres ont le regard vide. Ils sont courbés, semblent porter le poids de .... Assis, les avants bras appuyés sur les cuisses. C'est lourd. Trop lourd. Vont-ils s'affaisser encore et encore?

Il fait chaud.

Je le vois. Il est là. Je n'irai pas m'asseoir à côté de lui ; pourtant une place vide de chaque côté de lui m'y invite. Mais non. Je n'en ai aucune envie. Habillé dans son sempiternel costume de couleur neutre que je trouve sombre, cravate, chemise blanche. Il n'a pas changé, il est comme je l'ai laissé 10 années plus tôt. Extérieurement du moins. Pour le reste je ne le sais pas et je ne cherche pas à le savoir. Il attend.

J'ai pris un roman parce que je sais que l'attente sera longue. Je ne réussis pas à le lire. Il y a trop de choses à observer, à regarder, à écouter, dont je veux m'imperméabiliser.
Je ne suis pas vraiment à l'aise.

Il fait chaud.

J'ai peur, un peu peur.

Il fait chaud.

RDV à 15h.

A 17h30, la greffière nous appelle.

Une salle immense. Deux femmes, là-haut, assises derrière un bureau, sur une estrade à au moins 1m au-dessus de nous.
Nous, à la barre, à la même barre. Je trouve ça comique d'ailleurs. Chacun de nous s'accroche à SON bout de barre.
La juge expose les faits.
Il prend de suite la parole avec son grand costume gris (il n'est pas gris en vérité, il est plutôt verdâtre mais là je le trouve gris!) pour annoncer qu'il ne demande pas de versement financier. Et voilà, la phrase est tombée. C'est un gentil monsieur en costume gris qui ne demande pas d'argent. Donc tout va bien.
"Vous êtes d'accord madame?"
Je me sens si mal.

Il fait chaud et ces deux femmes sont si haut. Impossible de nouer un quelconque dialogue. en plus l'une d'elle annonce qu'elle est en fin de journée, qu'elle est fatiguée.

Oui je suis d'accord cependant je vous avais envoyé un courrier pour notifier certaines réserves. Votre courrier ne nous est pas parvenu. Je montre l'accusé de réception qui le prouve. Ah bon, oh ben on le retrouvera bien. Que contenait ce courrier? 4 choses. Je n'en retrouve que 2 de mémoire, je me sens si écrasée par la chaleur, par la hauteur de cette estrade, par ce costume gris qui ne demande pas de pension!
Orthodontie accordée ! Visite chez le médecin, ben madame, bien sur qu'il va le faire! N'est-ce pas monsieur.?

Pour le reste, impossible de trouver mes mots.

Voilà, je rendrai mon jugement le 25 juin. ce n'est pas la peine que vous reveniez, vous recevrez un courrier.

Ouf c'est fini.

Il fait chaud.

Je sors de cette salle.

Il me suit.

Je sors du TGI.

Il me suit.

Il fait chaud.

"T'as 5 minutes? On peut parler?"me lance derrière moi le costume gris.

"NON!"sans me retourner

Pas un regard. Je fonce vers ma voiture. N'importe quoi, il veut que je l'écoute maintenant? N'importe quoi. Je n'ai pas eu le roit de choisir le lieu de rendez vous alors je ne lui accorde pas le droit de choisir le lieu de discussion. Na !

Ouf, c'est fini.

Plus tard...

Je mettrai 2 jours à raconter à Marc mes ressentis.

Je suis en colère contre Coralie car c'est à cause d'elle si je me suis retrouvée dans ce lieu de RDV que je n'ai pas choisi. Je lui ai exprimé ma colère 1 mois après. Nous avons bien parlé. ça nous a fait du bien à toutes les deux.

Je suis en colère contre Laurent parce que je ne me suis pas sentie respectée et il me semble qu'il a perdu toute confiance en moi. Je ne lui exprimerai pas sauf ici.

C'est fini. Il ne fait plus chaud.
Coralie est partie le 2 juillet à 18h30. Vers une nouvelle expérience de vie.
Je l'aime et je me sens aimée. Je lui souhaite de très belles expériences. J'ai grande confiance en elle et je sais qu'elle saura trouver son chemin. Je suis fière de ma fille et de moi aussi.

J'ai réussi à écrire 5 lignes à Laurent pour lui souhaiter de belles expériences avec sa fille. Je lui ai aussi écrit que j'étais très fière de moi (eh oui!), de Coralie et de lui aussi pour ce que nous nous offrions chacun comme choix de vie. Je lui ai aussi écrit : "Coralie est une fille formidable à qui sait l'apprivoiser". J'ai posté la lettre hier.

Voilà.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire